Dépistage du cancer colorectal : c’est maintenant !

Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents en France, avec près de 45 000 nouveaux cas chaque année. Il est aussi le deuxième plus meurtrier avec quelque 18 000 décès annuels. Des chiffres qui restent stables en dépit d’un dépistage national organisé et gratuit pour les personnes âgées de 50 à 74 ans. La cause ? Le manque d’adhésion du public concerné. Or le dépistage sauve des vies.

L’édition 2019 de Mars Bleu passera-t-elle moins inaperçue que les précédentes ? Mois de sensibilisation au dépistage organisé du cancer colorectal, cette manifestation vise à rappeler aux 50-74 ans l’importance de se faire détecter. Encore des doutes ? Dix ans après la généralisation de son dépistage, on fait le point.

DEPUIS QUAND LE DÉPISTAGE ORGANISÉ EXISTE-T-IL ?

Le programme national de dépistage du cancer colorectal est généralisé depuis 2009. Si vous avez entre 50 et 74 ans, vous êtes concerné.

L’âge moyen au moment du diagnostic est de 71 ans chez l’homme et de 75 ans chez la femme.

Le dépistage organisé concerne, au total, quelque 16,8 millions d’assurés.

SELON QUEL DISPOSITIF ?

Tous les deux ans, si vous êtes éligible, vous recevez un courrier vous invitant à effectuer le test immunologique de recherche de sang dans les selles.

Pour récupérer le kit de dépistage, vous pouvez vous adresser au choix à votre médecin traitant, à un spécialiste (gynécologue ou gastro-entérologue) ou à un médecin d’un centre de santé du régime général d’Assurance maladie.

LE DÉPISTAGE EST-IL OBLIGATOIRE ?

Le dépistage n’est pas obligatoire. Vous devez cependant notifier votre refus à la structure de gestion en charge du dépistage, dont vous dépendez. En l’absence de réponse, une relance vous sera envoyée au bout de trois mois, puis de six mois.

À noter que depuis 2018, l’envoi postal du kit peut être fait à la seconde relance, mais uniquement si vous avez déjà participé, au moins, à trois campagnes précédentes. De sa remise à son analyse, le test est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.

COMMENT ÇA SE PASSE ?

C’est en 2015 que le test immunologique de détection de sang occulte dans les selles a succédé au test Hemoccult II. Plus sensible, le test immunologique est plus fiable en termes de détection. Et les risques de faux négatifs et faux positifs sont nettement plus faibles.

Autre atout : il est plus simple d’utilisation. Un tube, une tige, et le tour est joué.

Comme pour le précédent outil de dépistage, le prélèvement de selles est effectué par vous-même, à votre domicile. Ce qui change ? Il n’est plus nécessaire de réaliser six prélèvements comme avant, un seul suffit.

Une fois le prélèvement effectué, il ne vous reste plus qu’à le glisser dans l’enveloppe déjà affranchie, fournie avec le kit. À poster au plus tard le lendemain du prélèvement.

Vous recevrez le résultat dans un délai de quinze jours. Si rien n’a été décelé, la lettre vous invitera à renouveler le test dans deux ans. En revanche, si du sang est détecté dans l’échantillon, vous vous verrez proposer une coloscopie.

POUR QUELS RÉSULTATS ?

Le test immunologique permet de détecter (et traiter) plus de 17 000 lésions précancéreuses (adénomes à haut risque de transformation maligne) et de déceler plus de 4 00 cas de cancers, c’est 2,4 fois plus qu’avant 2015.

Le dépistage est important car, détecté tôt, le cancer colorectal peut être guéri dans 9 cas sur 10. Or il reste l’un des cancers les plus meurtriers. « En cause, écrit la Ligue contre le cancer, les tabous qui entourent ce dépistage ».

Conséquence, le taux de participation ne décolle pas. Dix ans après la généralisation du programme de dépistage, il n’est que de 33,5 %. La participation étant plus élevée chez les femmes (34,7 %) que chez les hommes (32,1 %) et augmentant avec l’âge.

Pour l’édition 2019 de Mars Bleu, la Ligue contre le cancer a fait le choix d’une campagne de prévention qui entend dépasser une fois pour toutes la gêne : « Parlons peu, parlons bien et surtout #ParlonsFesses ! » Chiche ?

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