Mode d’emploi pour arrêter de fumer sans souffrir

La cigarette serait-elle en voie de disparition ? En 2017, le nombre de fumeurs quotidiens a baissé d’un million, selon l’agence sanitaire Santé publique France. Le « Mois sans tabac », le paquet neutre ou encore le forfait d’aide au sevrage de 150 euros… autant de mesures qui ont contribué à cette réduction historique.

 

Le « Mois sans tabac » est là pour le rappeler : on peut arrêter quand on veut. Et pas uniquement en novembre, mois durant lequel se déroule cette opération lancée en 2016 par les autorités de santé, sur le modèle de ce qui se fait outre-Manche. L’idée du défi collectif – cette année, près de 250 000 personnes l’auront relevé – présente certes l’avantage d’aborder, voire d’affronter la difficile problématique du sevrage tabagique moins seul. Le soutien des proches qui peuvent vous encourager via les réseaux sociaux joue un rôle déterminant. Mais comme le rappelle le site tabac-info-service, il faut surtout mettre toutes les chances de son côté pour réussir. Et bonne nouvelle : si l’aspect communautaire représente bien un atout, il n’est pas le seul.

Cinq conseils avisés aux 16 millions de fumeurs réguliers ou occasionnels – dont de plus en plus de femmes – que compte la France :

  1. Le coaching : la clé du succès. Chiffres à l’appui, se faire accompagner permet d’obtenir de bons résultats : les chances d’arrêter sont de 20 % supérieures avec une infirmière, de 40 % avec un médecin (traitant ou spécialiste), et si vous êtes suivi par deux professionnels, c’est encore un peu mieux. Cette méthode a pour avantage d’être 100 % personnalisée, adapté à vos motivations, vos inquiétudes et vos habitudes de vie.
  2. Les substituts nicotiniques : l’atout gagnant. C’est prouvé : ils augmentent vos chances de réussite de 50 à 70 %. La généralisation du forfait d’aide au sevrage tabagique de 150 euros par an (sur prescription) a été, de ce point de vue, bénéfique. Il devrait prochainement évoluer vers un remboursement classique, comme c’est déjà le cas pour quelques gommes et patches.
  3. L’e-cigarette : un outil efficace. Elle n’est pas officiellement recommandée, mais elle a les faveurs des fumeurs qui veulent arrêter. Lors de la première édition du « Mois sans tabac », il y a trois ans, la cigarette électronique a été choisie, avec de bons résultats, par 56 % des Français qui ont essayé contre 36 % pour les patchs. Et même si vapoter peut irriter la gorge, cela reste infiniment moins dangereux que fumer, assure le Pr Bertrand Dautzenberg, tabacologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). La « vape » doit toutefois rester circonscrite aux fumeurs et ex-fumeurs.
  4. Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) : en appui. Impossible, au terme d’un traitement nicotinique, de résister à une ou deux cigarettes dans certaines circonstances – souvent liées à des réflexes conditionnés (stress, café, alcool…) ? Dans ce cas, une thérapie comportementale et cognitive peut être envisagée. « La TCC peut également être utile pour éviter les rechutes », ajoute le Pr Dautzenberg.    
  5. Ne pas souffrir : une notion fondamentale. C’est même la clé du succès, selon Pr Dautzenberg. Patchs, gommes, cigarettes électroniques, inhaleur… peuvent se compléter efficacement, en particulier chez les fumeurs dépendants. De même, il est tout à fait possible de fumer avec un patch, notamment pour réduire sa consommation de tabac dans l’optique d’un sevrage complet. L’acupuncture, l’hypnose ou encore la méditation peuvent enfin être associées aux traitements… tout comme l’activité physique.

 

Pour en savoir plus :

Tabac-info-service, c’est :

  • un site : tabac-info-service.fr
  • un numéro d’aide à l’arrêt avec des tabacologues disponibles du lundi au samedi de 8 heures à 20 heures au 3989 (service gratuit/prix d’un appel local)
  • une application mobile téléchargeable gratuitement sur App Store et Google Play.

Les recommandations de la Haute Autorité de santé : Accédez au site

Le plaisir d’arrêter de fumer, Bertrand Dautzenberg, éd. First Editions (2017)